Histoire du Casino de Monte-Carlo et de l’architecture des Beaux-Arts….

Au XIXe siècle, un évêque, un pape et un entrepreneur français ont tous essayé de réaliser la vision de la princesse Caroline : sauver Monaco de la faillite en ouvrant un Grand Casino à l’architecture exceptionnelle….

Cet été, notre Grand Tour d’Art Européen nous a emmenés dans la principauté pittoresque de Monaco. Nous avons bien sûr dû goûter aux délices du Grand Casino et de l’Hôtel de Paris après les avoir vus dans tant de films hollywoodiens. De ‘Rebecca’ d’Hitchcock à de nombreux films de Bond, en passant par la célèbre course du Grand Prix du Circuit de Monaco, les événements qui ont besoin d’un cadre élégant se déroulent ici depuis plus d’un siècle. Désireux de voir des intérieurs opulents, une architecture monégasque sublime, ainsi qu’un design automobile sophistiqué, Atelier Culture est parti à la recherche de luxe….

 

Le Renouveau de Monaco

A partir du milieu du XIXe siècle, Monaco avait besoin d’un grand plan financier afin d’éviter l’endettement des villes de Menton et de Roquebrune qui rompaient avec son patronage. C’est la femme du prince Florenstan Ier, la princesse Caroline, qui a conçu le concept d’un casino pour attirer les touristes. A une époque où le transport vers Monaco était beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui et où les hébergements de luxe étaient rares, cette idée s’est avérée difficile à réaliser. A cela il fallait ajouter l’absence de publicité efficace de la part de Monaco et le petit nombre de joueurs de l’époque.

Les Grimaldi se sont tournés vers divers commanditaires, constructeurs et investisseurs (Albert Aubert, Napoléon Langlois, Frossard de Lilebonne et Pierre Auguste Duval), mais en vain. Bien que Duval ait déménagé le casino de la Villa Bellevu de La Condamine aux Spelugues (Grottes) en 1858, et qu’il ait commencé à faire des bénéfices, il ne parvint pas, en 1859, à transformer le complexe en grand établissement luxueux comme le souhaitait la Princesse Caroline.

La princesse s’est mise à persuader François Blanc – entrepreneur français et exploitant du casino de Bad Homburg en Allemagne – de relever le défi à la place. Il a fallu plusieurs tentatives, mais elle l’a convaincu et en 1863, il était de la partie, parrainé par l’évêque de Monaco et le futur pape Léon XIII. En plus de renommer Les Spelugues pour le rendre plus attrayant (changeant le nom en Monte-Carlo en l’honneur du fils de Florenstan, Charles), le casino et l’Hôtel de Paris voisin commençaient à gagner en réputation.

Garnier et Dutrou, de 1878 à 1881, puis Henri Schmit, de 1898 à 1899, procédèrent à diverses extensions et améliorations du plan d’origine afin de réaliser le complexe final qui existe encore aujourd’hui. Dans un style distinctement ‘Beaux Arts’, l’extérieur d’un blanc éclatant rappelle en permanence la créativité et l’ingéniosité et la détermination de la princesse pour en faire un endroit qui surpasse tous les autres.

Comme vous pouvez vous y attendre, l’intérieur du casino est aussi grandiose que l’extérieur. La Salle Blanche est un lieu privilégié où les Beaux-Arts rencontrent des lambris de style Art Nouveau. Des bandes de tapis bleu océan et de tissu de table de jeu se mélangent dans une mer d’opulence et de confort. L’orfèvrerie en or est fortement ornée de volutes de marbre ivoire avec une barre de mosaïque de forme organique qui se dresse fièrement au centre de la pièce.

Le salon principal, Casino de Monte-Carlo.

De luxuriantes peintures du début du siècle ornent le Salon principal, qui ressemble à un grand atrium de château. Associée à des lambris épais et à un tapis rouge foncé et floral, cette salle exprime l’ambition du casino qui veut se présenter comme l’un des plus somptueux club de jeu au monde.

Contrairement à son homonyme de Las Vegas, le Casino de Monte-Carlo est plus petit et plus intime que vous ne l’imaginez, ajoutant à l’ambiance discrète. La protection de la vie privée des joueurs est une nécessité absolue. De nombreux visiteurs en provenance des États-Unis sont confus par sa réputation inégalée malgré une surface assez réduite.

Bar Salle Blanche, Casino de Monte Carlo, Monaco.

Il y a même des salons privés réservés à certains joueurs qui misent gros, tenus à l’écart des joueurs réguliers. Les gardes du corps se cachent à l’entrée de ces salles afin de protéger ces parties ultra privées. Même les jeux de cartes (36 000 d’entre eux) sont conservés dans une pièce fermée à clé à une température stricte de 20 degrés, comme le champagne millésimé.

Serge Campailla, garde des salons privés, travaille au Casino depuis 22 ans et veille à ce que tous les protocoles et règles soient respectées.

Sept artisans et artisanes entretiennent les tables de jeu, dont un maître-artisan charpentier et un spécialiste de la broderie.

Notoriété : –

Le Casino attire de nombreux visiteurs en raison de la notoriété qu’il a inévitablement attirée au fil des décennies. Et parmi ces visiteurs, de nombreux on essayé de faire sauter la banque. En 1873, la première tentative enregistrée impliqua Joseph Jagger qui, semble-t-il, découvrit un parti pris particulier sur l’une des roues de la roulette et décida d’en tirer pleinement parti. Alors que l’exemple le plus célèbre de mauvaise chance pour les joueurs s’est produit en 1913 lors d’une partie de roulette où la bille est tombée en noir 26 fois d’affilée. Les joueurs ont perdu des millions de francs en pariant contre le noir, anticipant qu’une série de rouge devrait suivre. Aristote Onassis détenait une participation majoritaire dans le Casino dans les années 1950 jusqu’à ce qu’il ait été contraint de quitter les lieux par le Prince Rainier III.